Alexandre Augrain

Un séjour sur l’île blockchain…

Cet article a été co-écrit par Alexandre Augrain et Tidiahn Woodward.

Quésaco ?

Joseph Muscat, le Premier ministre de Malte a annoncé vouloir faire de Malte le pays le plus attractif pour l’industrie blockchain et que cette petite île au sud de l’Italie devienne une véritable “crypto-nation”.

Joseph Muscat at the Malta Blockchcain Summit

Dans le cadre de cette vision globale de développement du territoire maltais, Eman Pulis, un entrepreneur et organisateur d’événements, a décidé de créer le Malta Blockchain Summit et en ce début du mois de Novembre, la première édition a été un succès : plus de 8000 visiteurs (dont de grands noms du domaine, comme le Premier ministre maltais ou encore John McAfee), des dizaines d’intervenants de qualité, une compétition d’ICO avec 100 000 $ à la clé, un hackathon, des centaines de start-ups…

Nous avons passé quelques jours sur cette île blockchain et nous allons essayer de vous expliquer en quoi Malte pourrait véritablement devenir une crypto-nation, au-delà de sa fiscalité déjà très avantageuse.

Pourquoi Malte ?

Malte est un archipel situé dans la Méditerranée, à moins de 100 km de la Sicile. Composé de 8 îles (dont seulement 4 sont habitées) mais en réalité, on ne parle de Malte qu’en parlant de l’île principale, qui accueille aussi la capitale : la Valette.

L’histoire de Malte est l’une des plus vieilles, à la préhistoire (5 400 à 725 avant J.C.), des groupes néolithiques s’installent sur l’île et constitue une civilisation qui est à l’origine des plus anciens monuments du monde. Depuis, l’île a été territoire de beaucoup : les Grecs, les Romains, l’empire Byzantin, les Vikings… On ne va pas être exhaustif ici, mais imaginez-vous donc une chose : ce sont des constructions monumentales sur d’autres constructions monumentales, siècle après siècle.

Une atmosphère particulière se dégage de la Valette : toute la ville est en réalité construite sur les bâtiments militaires, les rues commerçantes ont remplacé les chemins internes à l’ancienne ville et la mer entour le tout. Avec un climat agréable, Malte dispose d’une histoire remplie et de détails subtils comme le fait qu’ils reconnaissent officiellement deux langues : le maltais et l’Anglais.

En plus d’être une destination touristique appréciée, Malte possède des atouts de taille pour un développement serein de l’économie nationale.

Dans un premier temps, Malte est un pays de l’Union européenne depuis 2004, qui utilise l’Euro comme monnaie et où l’anglais est parlé couramment par tous. Nous n’allons pas développer ici les avantages et optimisations fiscales offerts par le gouvernement maltais, mais concernant les investissements dans les crypto-actifs, ils sont totalement exonérés d’impôts et de taxes.

Aujourd’hui, Malte accueille plusieurs exchanges (les plateformes qui permettent aux utilisateurs d’acheter et de vendre des crypto-actifs) : Binance ou Bittrex, les plus connus,  en font partie. Ils arrivent sur cet île, attirés par un cadre législatif assoupli, des coûts de maintenance et d'infrastructures inférieurs et la fiscalité beaucoup plus avantageuse.

Le Premier ministre travaille activement avec les acteurs de la blockchain pour encadrer ce domaine émergent, tout en permettant le développement et la croissance du secteur. Le but n’est pas du tout d’empêcher les sociétés à venir à Malte, bien au contraire, le Premier ministre comptent sur elles pour relancer l’attractivité de Malte et faire croître son économie globale.

En plus de cette fiscalité et de ses autres avantages, Malte permet la création rapide et efficace d’une société, dans un cadre sécurisé et encadré, au sein de l’Union européenne, qui reste un gage de qualité. Malte se rapproche du modèle de l’Estonie si vous en avez entendu parler !

Ce plan de développement blockchain pour Malte s’inscrit dans un plus gros programme pour le développement de Malte dans les technologies et les innovations.

Le Malta Blockchain Summit

Nous avons eu la chance et le plaisir d'intégrer le premier Malta Blockchain Summit, l’un des événements les plus importants pour le monde de la crypto en 2018, qui a attiré plus de 8000 invités.

Le summit avait pour but d’incuber et de stimuler de la croissance dans le domaine de la blockchain, autant à Malte, qu'à l’international. C’est une opportunité pour les influenceurs mondiaux de la technologie, de la société civile, de la démocratie et de l'innovation de se rencontrer et de discuter sur un sujet commun qui les passionne.

Le summit était composé de quatre grandes thématiques portant sur “le gouvernement et la réglementation du domaine”, “le marketing et l'affiliation”, “la fintech, la tokenomics et les crypto-actifs”, et “la blockchain pour les développeurs”.

Avec plus de 4000 délégués, 100 orateurs et 150 sponsors et exposants, le summit était l’occasion pour les acteurs du monde entier de réaliser du networking, trouver des talents et débattre des applications potentielles de la blockchain dans leurs domaines spécifiques ou plus globalement, des solutions que la blockchain pourrait apporter, y compris, dans le domaine de la santé, du divertissement, du gouvernement et de la gouvernance, mais aussi des banques, et des paiements...

La liste des invités comprenait non seulement des influenceurs et des investisseurs, mais toute la communauté des crypto-actifs et de tous les acteurs liés à ce secteur. Le summit a également attiré des investisseurs institutionnels, des représentants et chefs de projet, des délégués des exchanges du monde entier - chacun y allait de sa petite publicité et de sa recherche de nouveaux développeurs ou de marketeur pour une ICO.

On comptait plusieurs noms connues du domaine : John Mcafee qui, en 2013, est partie du monde des logiciels antivirus et s’est lancé sans hésitation (et avec beaucoup de succès) dans les crypto-actifs. Nous avons vu des centaines de projets, certains ayant des concepts totalement innovants, intéressants et (surtout) pertinents pour le monde d'aujourd'hui et de demain.

Un bon exemple de projet intéressant que nous avons pu constater est le projet Reitium : un projet d'immobilier, permettant aux investisseurs avec n’importe quel capital (à partir de 10$), de pouvoir se lancer dans la gestion immobilière. En soit, l’investisseur peut acheter, avec ses tokens Reitium, une partie d’un logement, puis gérer ce logement avec les autres investisseurs, recevoir des dividendes et les loyers selon son pourcentage de participation dans le coût global du bien. Ce projet n’est qu’un exemple, nous avons vu de nombreux autres projets intéressants (et ce court paragraphe ne constitue pas un contenu sponsorisé).

Pourtant, nous avons également rencontré des projets qui n’avaient aucun intérêt à travailler avec la blockchain, et pour lesquels la blockchain apparaissait comme un buzzword pour lever davantage de fonds : le marché n’est pas encore suffisamment mature face à cela.

Lors des conférences, la salle était comble et le public attentif, c’était réellement un écosystème avec une bonne ambiance et une richesse de discussions sans précédent, des investisseurs venant de Wall Street aux crypto-anarchistes développant une nouvelle monnaie pour s’affranchir davantage des gouvernements.

Les prochaines éditions du Malta Blockchain Summit ont déjà été organisées, et après avoir vu le succès de la première édition, il n’y a aucun doute, de notre point de vue, il s'agira d'un événement récurrent, réunissant de manière vraiment unique les différentes communautés et les différents acteurs liés à la blockchain (les investisseurs, les développeurs, les banques, les ambassadeurs de projets…).

Pour conclure

Pour nous deux, cet événement était le premier événement blockchain sur plusieurs jours auquel nous participions et nous avons passés d’excellents moments, tout en découvrant de nouveaux produits et de nouvelles offres et en développant à la vitesse de la lumière notre carnet d’adresses dans le domaine, les Telegram fusaient dans tous les sens et les cartes de visite NFC étaient de la partie !

Ces quelques jours à Malte nous ont permis de nous rendre compte de l’attractivité de l’île, même au-delà de la blockchain, l’immobilier est très intéressant, la vie n’est pas excessivement cher et le pays a quelques ères d’île paradisiaque.

Lors de notre avant-dernière soirée, nous avons été invités à une balade en bateau autour de l’île, les paysages étaient magnifiques mais le plus intéressant restait tout de même les individus présents sur ce “crypto-cruise” : tous passionnés par ce qu’ils font, travaillant galères sur galères pour avancer mais n’abandonnant pas et continuant de parler de la technologie et des crypto-actifs autour d’eux, participant à l’émergence de ce nouveau secteur et permettant également de mieux l’appréhender et le comprendre.

Si vous avez l’occasion de faire un voyage comme le nôtre dans un secteur qui vous intéresse, foncez ! Vous ne pourrez pas être déçu, que ce soit les présentations ou les workshops, vous rencontrerez des personnes comme vous et dans tous les cas, les discussions seront toujours très constructives, malgré ce petit verre de vin que je vois dans vos mains !

Merci pour la lecture de cet article, n'hésitez pas à nous donner vos retours.

Vous pouvez également accéder au profil LinkedIn de Tidiahn en suivant ce lien.

Pourquoi je fais tourner une node Bitcoin ?

Une node bitcoin est une machine (PC/serveur) qui stocke, au fur et à mesure, l’ensemble de la blockchain de Bitcoin et donc l’ensemble des transactions depuis sa création. Chacune des nodes est capable de vérifier de manière autonome l’ensemble des transactions et l’ensemble des blocs qu’il reçoit depuis le réseau.

Le réseau Bitcoin est constitué de machines connectées entre elles en peer-to-peer ce qui signifie que toutes les machines qui y participent ne sont pas plus spéciales les unes que les autres. Il n’y a pas de serveur central, pas d’autorité et pas de hiérarchie. Cela créé la décentralisation de la blockchain.

La solidité, la rapidité et la sécurité du réseau dépend donc du nombre de machines honnêtes qui maintiennent la blockchain, valident et propagent les transactions. Monter une node, c’est donc participer au bon fonctionnement du Bitcoin, en soulageant le réseau et en participant à sa décentralisation.

Pourquoi je fais tourner une node ?

Personnellement, la node Bitcoin m'apporte une certaine sécurité. En effet, en faisant tourner ma propre node, je m'assure que la blockchain distribuée et bien décentralisé et que je possède moi même une copie valable de celle-ci.

De plus, le fait de posséder une node Bitcoin me donne le sentiment de soutenir, à mon échelle, le réseau et de participer à sa diffusion et à son futur.

Comment je fais ?

C'est plutôt simple en réalité. Vous avez la possibilité de faire tourner une node sur un serveur ou sur votre machine personnelle.

De mon côté, j'ai décidé de faire tourner ma node Bitcoin sur un ordinateur, connecté 24h/24 et 7 jours/7 sur mon réseau, via le logiciel "Bitcoin Core", le programme officiel de Bitcoin.

Le simple fait d'avoir le programme ouvert, avec les bonnes configurations réseaux et de ports, vous permet d'être une node Bitcoin.

J'ai décidé d'utiliser un ordinateur pour ma node car en plus de cette node, je réalise du "staking", c'est un mode de sécurisation de la blockchain, autre que le "mining".

Un article sera disponible prochainement concernant le staking de crypto-monnaies.

La blockchain pour les nuls… en 5 min !

Aujourd’hui, la blockchain est-elle réellement une révolution numérique ou un simple « buzzword » utilisé comme symbole d’une disruption sans être tout à fait compris par ceux qui en parlent ?

UPDATE : attention cet article est un peu vieux, j'en prépare un actualisé pour bientôt !

Mais qui a créé la blockchain ? Vous ne savez pas ? Il s’agit en réalité de Satoshi Nakamo. C’est un pseudonyme et nous ne savons pas réellement qui se cache derrière malgré les hypothèses avancées par certains analystes.

EN QUOI LA BLOCKCHAIN EST-ELLE SI RÉVOLUTIONNAIRE ?

D’après The Economist, elle pourrait « changer le monde », « c’est une révolution » pour Libération. Ça a l’air plutôt important, mais qu’est-ce donc ?

La blockchain est "une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle. Pour faire simple, c’est une grosse base de données".

Ce qui est nouveau avec cette blockchain c’est :

- La transparence : tout à chacun est capable de visualiser l’ensemble des informations, des échanges et tout ça dans le temps. Vous pouvez voir une transaction datant d’il y a 6 ans comme une information créée il y a uniquement 0,001 seconde.
- Aucune organisation de contrôle : la blockchain est publique et P2P, c’est-à-dire qu’elle est fondée sur des échanges de pair à pair. Personne n’a la main dessus et personne ne peut se l’approprier.
- Sécurisée : le fait que la blockchain soit distribuée lui permet d’être partout et nulle part à la fois. Elle est hébergée simultanément sur plusieurs machines appelées « nœuds » du réseau. La blockchain ne peut donc pas être hackée (voir partie « Les limites »).
- Infalsifiable : la blockchain étant un registre publique et P2P, lorsqu’une information (ou une transaction) est inscrite dans un bloc, elle y reste, et ne peut pas être modifiée.

Une petite métaphore de Jean-Paul Delahaye pour illustrer tout ces points :

Imaginez un très grand cahier, que tout le monde peut lire librement, gratuitement, sur lequel tout le monde peut écrire, qui est impossible à effacer et indestructible.

BLOCKCHAIN : COMMENT ÇA MARCHE ?

La blockchain est un grand registre. Chaque information est inscrite dans un bloc, quand un bloc est rempli de plusieurs informations, il se ferme et un nouveau bloc est créé. Chaque blocs à la suite forment une chaîne : la « chaîne de blocs» !

FINALEMENT, C’EST PLUS SIMPLE QU’IL N’Y PARAÎT NON ?
Pour aller plus loin, nous allons voir le fonctionnement sécurisé de la blockchain car en plus d’être distribuée entre les pairs et d’être non centralisée, la blockchain est bel et bien, sécurisée !

Dans un premier temps, elle utilise un cryptage asymétrique : c’est un système à deux clés, une publique et une privée. Pour soumettre une information (ou une transaction) dans la blockchain, il faut posséder ces deux clés.

Ensuite, chaque échange doit être validé afin d’être inscrit pour de bon dans la blockchain. Pourtant, sans organisation de contrôle ni de tiers de confiance, qui peut valider ces blocs ? On les appelle des « mineurs », leur rôle est de vérifier la validité des transactions. Ce sont souvent des particuliers, qui vont mettre à disposition la puissance de calcul de leur machine et vont être rémunérés à chaque bloc vérifiés. Les mineurs se sont regroupés en « pool » pour la plupart afin de valider un maximum de blocs en mettant leur puissance de calcul en commun. Aujourd’hui, des fermes de minage voient le jour, en Asie principalement.

Décentralisation du minage ?

Le regroupement en pools de minage créé une certaine centralisation, c'est paradoxal non?

LES LIMITES DE LA BLOCKCHAIN

La blockchain présente pourtant des limites, dont une pourrait lui être fatale.

La blockchain étant basée sur la validation des blocs par les mineurs, il suffirait (ça serait tout de même plutôt complexe à mettre en place) qu’une personne ou qu’un groupe possède au moins 51% de la puissance totale de calcul pour pouvoir perturber la blockchain, modifier des blocs, en supprimer voire en créer.

Aujourd’hui, la blockchain est principalement utilisée par les crypto-monnaies, comme le Bitcoin. Mais cette révolution numérique pourrait mettre un terme à toutes nos sociétés.

En effet, cette chaîne de blocs pourrait remplacer un état entier. Nous aborderons ce point dans un prochain article dédié uniquement aux possibilités offertes par cette blockchain !